Fashion week de Pauline

Vogue Fashion festival 2016 – après-midi du 05.11

Hello hello ! C’est parti pour mon deuxième article sur le « Vogue Fashion festival 2016 » avec l’après-midi du 05 novembre. Comme tu as pu le lire précédemment, j’ai complètement adoré les premières conférences avec des personnalités toutes plus intéressantes les unes que les autres. En plus le lieu est vraiment somptueux, il y a un gigantesque escalier en marbre, des dorures partout et un lieu vraiment propice au luxe. Je ne l’avais pas précisé mais la salle était celle utilisée pour le dernier défilé Balmain avec ses énormes lustres. L’après-midi est vraiment riche en émotion puisque Mario Testino est mon photographe de mode préféré, qu’Emmanuelle Alt est la rédactrice en chef de Vogue donc c’est la folie, qu’on va parler blog, réseaux sociaux, culture et nouvelle technologie mais surtout qu’on va s’intéresser à l’essence même de la mode pour ensuite la replacer dans notre monde actuel. Je te laisse découvrir…

A la suite de cet article et complètement fascinée par l’impression 3D, je ferai probablement un article plus détaillé à ce sujet avec l’aide de Catherine Gorgé que tu découvriras au fil de ta lecture !

" Comment créer une image de mode à l'heure du digital ?" 
Emmanuelle Alt (rédactrice en chef de Vogue Paris) - Mario Testino (photographe)

Grâce au digital et notamment aux réseaux sociaux, l’image est instantanée, par conséquent ça devient de plus en plus dur de la rendre durable. Il est important de garder en tête, dans la photo de mode, l’importance de la femme, du luxe et de la beauté sans oublier la spontanéité. Selon Mario Testino, expert de la photo et comme il le dit si bien meilleur photographe (oui j’adore son style et ses clichés!), c’est dans Vogue Paris qu’il se sent le plus libre mais qu’on retrouve aussi les images les plus dingues qui savent saisir l’instant. Faire la couverture de Vogue c’est une consécration puisque la couverture ne vend pas que le vêtement, c’est l’image qui doit être impactante. Mais avec le digital, cela devient plus compliqué puisque tout le monde a un appareil photo. Il devient donc presque impossible de shooter dans Paris pour les mannequins les plus connus, comme Gigi Hadid qui a dû faire ses photos à Rome avec 35°C en fourrure à 7h du matin, l’organisation est alors plus complexe. Eh oui, voyager avec Vogue c’est minimum 15 valises ! Le meilleur voyage de Vogue ? Le Pérou sans hésiter d’après Emmanuelle Alt ! Guidé par Mario Testino, originaire du pays et véritable star (EA : « on a l’impression de voyager avec Madonna »), l’enthousiasme est au rendez-vous, ce qui a permis un numéro spécial exceptionnel, visuellement impressionnant tout comme important niveau mode.

« Je suis un péruvien, pas très chic », dit Mario Testino, en parlant des photos qu’il avait fait pour la princesse Diana, à l’époque très moderne et simple, alors qu’ils parlaient tranquillement sur un canapé mais qui pourtant se rapproche énormément de sa vraie personnalité.

De plus, comme le dit Mario Testino, faire une belle photo c’est dur surtout grâce à Instagram où il y a eu une réelle prise de conscience de la difficulté à créer quelque chose qui n’existe pas et le rendre spectaculaire. Mais il est vrai qu’avec 95 ans d’existence Vogue peut se permettre beaucoup de choses, comme les clichés souvent très osés de notre cher photographe qui cherche toujours l’interdit. Emmanuelle Alt pense que la nudité est importante puisqu’elle montre la femme mais aussi la confiance en soi, à condition que cela reste impactant évidemment.

« Je déshabille souvent les gens même si je fais des photos pour les habiller » -Mario Testino

" Fashion Tech : Pourra-t-on fabriquer des produits de luxe en 3D ?" Catherine Gorgé (secrétaire générale de Prodways)

Pour répondre à la question, oui on peut fabriquer des produits de luxe en 3D et on le fait déjà depuis 25 ans, nous explique Catherine Gorgé, secrétaire générale de Prodways, 3e entreprise mondiale dans la technologie 3D située à Annecy qui possède 30 machines qui fonctionnent 24/7, ce qui a permis de créer 600 000 pièces l’année dernière. Le précurseur dans la mode est Karl Lagerfeld l’année dernière dans la collection haute-couture avec le tour du gilet et les broderies Chanel en 3D. Des marques comme Panerai pour les montres, comme Nike, New Balance ou Adidas dans le sport utilisent la 3D mais c’est certainement la marque de joaillerie Géraldine Rohrer qui l’utilise le plus. Par exemple, l’artiste Vincent Fournier a voulu créer un nuage volant. Pour cela il a choisi un nuage imprimé en 3D, auquel il a ajouté une trappe avec un galet électromagnétique, ce qui permet la lévitation. Il sera exposé en mars 2017 au centre Pompidou lors d’une exposition sur la technologie 3D. Par ailleurs, le film « Ma vie de Courgette » a utilisé la 3D (chez Prodways en plus!) pour créer les visages (lèvres, paupières…) des 54 marionnettes du film.

Mais comment ça marche ? C’est un fichier découpé en plusieurs plans qui imprime un objet en un seul tenant et sans assemblage. Cela permet même de faire des objets translucides comme des bijoux. La réalisation du fichier se fait en 3 étapes : la congélation de l’objet, son scan et ensuite la modélisation sur l’écran. Les matières utilisées sont hypoallergéniques, flexibles et gardent en mémoire la forme, ce qui permet notamment la broderie. Il y a de nouvelles possibilités comme la création 3D en céramique ou en métal, mais aussi en matière végétale grâce au polyamide 11 et son label bio design.

Dans le luxe, la technologie 3D est présente dans les talons, les chaines, les fermoirs et tout autre petit accessoire, la broderie souple mais aussi pour la fabrication unique comme un bouton. L’avantage réside dans le fait qu’il n’y a pas de déchet ni de surproduction et en plus cela peut être produit localement. C’est donc de la fabrication additive, c’est-à-dire les procédés de fabrication par ajout de matière, souvent assisté par un ordinateur et créé grâce au laser. Par ailleurs, l’innovation 3D offre le sur-mesure et donc la personnalisation pour le client, comme la semelle adaptée à la morphologie du pied. En plus le prix des matières a beaucoup baissé avec l’avancée de la technologie. Pour le rapport au temps il faut environ 1h pour imprimer un bouton, quelques heures pour un packaging de rouge à lèvres et plusieurs jours pour des pièces en métal ou en aéronautique, juste pour l’impression attention puisque la modélisation sur ordinateur dépend de beaucoup de facteurs (si on a déjà l’objet, si on veut en assembler plusieurs etc).

« L’impossible devient réel » -Catherine Gorgé

"Les révolutions technologiques dans les médias" 
Eva Chen (directrice des partenariats mode d'Instagram) - Camille Charrière (blog camilleovertherainbow.com)

Evidemment, en parlant mode et digital, il est important de mentionner les blogs et les réseaux sociaux comme Instagram. Eva Chen est venue des Etats-Unis uniquement pour cette conférence, ce qui montre l’importance de Vogue et de son festival ! En parlant de Londres, Camille Charrière parle d’une ville très ouverte d’esprit où on peut être qui on a vraiment envie d’être et je la rejoins totalement, c’est vraiment la raison de mon coup de cœur pour la capitale britannique.

Le blog devient un CV interactif mais en ce qui concerne son utilisation cela devient un secteur bouché, il faut vraiment proposer un contenu de qualité mais aussi être innovatif. A l’heure actuelle, la tendance se dirige plus sur les réseaux sociaux comme Instagram évidemment où la publication est plus simple, rapide et accessible à tous depuis n’importe quel portable. Sur Instagram, la communauté mode française augmente constamment, surtout parce qu’on peut raconter son histoire, à la manière d’une « story-telling ». A la manière dont un magazine met en avant des marques, Instagram est une vitrine de ce qu’on est et ce qu’on aime, avec en plus des avis en instantané. C’est surtout une plateforme destinée aux jeunes générations parce qu’ils passent énormément de temps sur leur téléphone. Il est donc important pour les marques de les mettre en avant, puisque sur le long terme cela augmente leur réputation. C’est une nouvelle façon de parler de mode en créant son propre contenu (comme sa propre mode) de façon simple, il ne faut pas hésiter à publier plus parce que tout peut être intéressant. C’est le monde vu à travers tes yeux ! Par exemple, tout le monde peut faire des selfies mais chaque selfie sera différent parce que chacun y apporte sa propre signature. Beaucoup de facteurs différent suivant les pays, par exemple en Asie ils utilisent beaucoup de hashtags.

La nouvelle tendance réside dans les « stories » depuis 2 mois sur Instagram où tu peux partager ce qu’il se passe exactement en ce moment. Boomerang est aussi une nouvelle fonctionnalité sur Insta, c’est comme une petite vidéo répétitive, qui est mise en valeur, et donc que tu vas forcément regarder.

"Mode & culture : les inspirations mutuelles" 
Olivier Saillard (directeur du Palais Galliera, musée de la Mode la Ville de Paris), accompagné d'Axelle Doué

Au XVIIIe siècle, les marchands de mode étaient les précurseurs de ce qu’on appelle aujourd’hui la customisation, comme par exemple Rose Bertin qui faisait des ajouts d’accessoires sur les vêtements. Au XIXe siècle, les couturières sont déjà présentes dans la presse mais uniquement pour parler de la mode masculine. Il est vrai que celle-ci est plus frivole et décorée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Worth, le fondateur de la haute-couture, a institué les mannequins comme des sosies pour que les clients s’identifient aux créations. C’est lui aussi qui a voulu mettre sa griffe sur les vêtements, on lui doit donc les fameuses étiquettes, la première étant sur une robe de la comtesse Greffulhe. Quant à Paul Poiret, il a voulu associer à sa marque de vêtements une gamme de parfums mais la réaction de la presse était virulente, en gros c’est nul alors qu’aujourd’hui c’est un véritable succès. Une prochaine idée d’exposition au palais Galliera, selon Olivier Saillard, serait sur les créatrices femmes puisque cela se reconnaît immédiatement. Chez Chanel par exemple la femme est représentée selon la réalité alors que celle des hommes est plus idéalisée. De son côté, Elsa Schiaparelli introduit le mauvais goût dans la mode, elle travaille beaucoup notamment avec Dali et Cocteau et son travail est iconique, on reconnaît tout de suite ses créations. Madeleine Vionnet crée l’ancêtre du lookbook actuel où elle prend des photos de toutes ses tenues. Elle gagne d’ailleurs un procès sur la reconnaissance artistique des créations de mode, qui font partie des arts à partir de ce moment-là. On distingue ensuite 2 hommes : Cristobal Balenciaga et Christian Dior. Le premier arrive à Paris en 1937 en tant qu’acheteur et devient créateur ; c’est l’homme invisible de la mode. Le deuxième révolutionne la mode en 1947 avec son « New Look », il est aussi le premier à diffuser ses défilés à la télévision et à donner des conférences. En 1970 il exporte 70% de ses créations dans le monde entier. C’est un des premiers créateurs à faire la couverture du Times. Le succès d’un créateur ne réside pas que dans ce qu’il sait faire de ses mains mais plutôt de ses idées : par exemple, Jeanne Lanvin ne savait ni coudre ni dessiner. Certaines pièces de créateurs restent inoubliables comme les robes Mondrian d’Yves Saint Laurent. Sa collection la plus marquante date de 1971 ayant pour thème la guerre, ce fut un véritable scandale. Thierry Mugler a fait un défilé au zénith dans le but de promouvoir son défilé et donc ses créations au grand public.

L’industrie de la mode a donné peu à peu une image aux créateurs, reconnaissables par leurs pièces iconiques ou leurs caractéristique comme la marinière pour Jean-Paul Gaultier et la frange pour Chantal Thomass. Au contraire Martin Margiela a préféré mettre en avant ses créations plutôt que son image de créateur. Karl Lagerfeld, que j’adore passionnément pour sa personnalité au passage, est une véritable marionnette de ses créations. Son uniforme (lunettes de soleil, mitaines, cravate, noir et blanc…) est reconnaissable immédiatement mais un uniforme efface aussi le personnage qui le porte.

Merci à Vogue pour ce magnifique mais surtout très enrichissant festival et à l’année prochaine !

Toutes les photos viennent de Vogue.

Bisous, Pau ♡

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